Réflexions sur l’Art JaponaisMarcel Robert
MN 2:2 (1939) pp. 617–620
Le Japon n’est pas un pays d’abondantes richesses. Il n’a point d’idées à gaspiller, non plus que d’émotions ou de billets de banque. Là où l’0ccidental se disperse et s’use, le Japonais s’attache à tirer du peu qu’il possède les meilleurs fruits. De sa pauvreté même il prend avantage. C’est un maître d’économie, admirable à créer de faibles ressources la plus grande illusion de bonheur. L’art nous en offre un parfait exemple. Je n’ai ni l’espace ni la science nécessaires pour tenter ici dans son ensemble un si grand sujet. Je n’en examinerai qu’un seul point: l’économie de matière dans l’art japonais, entendant par matière les idées, images et sentiments qui constituent ce qu’on appelle, improprement, le fond d’une œuvre.